Résolution
4/2015
Résistance aux antimicrobiens
LA CONFÉRENCE
,
Ayant examiné
le rapport de situation du Secrétariat sur la résistance aux antimicrobiens
C 2015/28 Rev.1
dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture
Y compris la production végétale et l'élevage d'animaux terrestres et aquatiques.
et dans l'environnement,
Rappelant
d'une part la Déclaration de Rome sur la nutrition, adoptée en 2014, et son Cadre d'action, et, d'autre part, la demande que le
Conseil
, à sa cent cinquantième session, a adressée au Secrétariat,
Reconnaissant
le rôle de la FAO en tant qu'organisation intergouvernementale chef de file ayant pour mandat d'améliorer l'agriculture, les forêts, les pêches et la gestion des ressources naturelles et d'instaurer la sécurité alimentaire et une bonne nutrition à l'échelle mondiale,
Ayant
pris note également des indications et des codes pertinents de la Commission FAO/
OMS
du Codex Alimentarius
Lignes directrices du Codex pour l'analyse des risques liés à la résistance aux antimicrobiens d'origine alimentaire – CAC/GL 77-2011 et Code d'usages visant à réduire au minimum et à maîtriser la résistance aux antimicrobiens – CAC/RCP 61-2005.
acceptés à l'échelle mondiale, ainsi que des normes pertinentes adoptées sous l'égide de l'Organisation mondiale de la santé animale (
OIE
), qui visent à traiter la résistance aux antimicrobiens,
Consciente
que l'accès à des agents antimicrobiens efficaces est indispensable à la productivité et la durabilité de l'agriculture – notamment dans les secteurs de l'élevage et de l'aquaculture et au regard de la sécurité sanitaire des aliments – dont vivent une multitude de personnes de par le monde, mais que les progrès accomplis au prix de grands efforts en matière de santé animale et humaine et de développement sont compromis par la progression de la résistance aux antimicrobiens,
Consciente
que les conséquences sanitaires et économiques de la résistance aux antimicrobiens pèsent de plus en plus lourdement sur les pays à revenu élevé, intermédiaire ou faible et nécessitent une action urgente aux niveaux national, régional et mondial, d'autant plus que la mise au point de nouveaux agents antimicrobiens est limitée,
Reconnaissant
qu'il est nécessaire d'adopter une approche cohérente, globale, intégrée et équilibrée aux niveaux mondial, régional et national, qui fasse intervenir différents acteurs et différents secteurs tels que la médecine humaine et vétérinaire, l'agriculture, la sécurité sanitaire des aliments, l'environnement et les consommateurs, selon une approche s'inspirant du principe «Un monde, une santé» mais ne s'y limitant pas,
Reconnaissant
que la résistance aux antimicrobiens concerne un vaste ensemble de microorganismes comprenant les bactéries, les virus, les fungi et les parasites, mais que le développement de la résistance aux antibiotiques est un problème particulièrement urgent dont il faut se préoccuper immédiatement,
Soulignant
qu'il est important que les recommandations en matière de politiques reposent sur des bases scientifiques rigoureuses et sur les principes de l'analyse des risques,
Notant
qu'il est établi que la résistance aux antimicrobiens se transmet et se propage entre animaux, humains, filière alimentaire et environnement,
Se félicitant
de la collaboration tripartite établie entre la FAO, l'
Organisation mondiale de la Santé (OMS)
– notamment par le truchement du Codex Alimentarius – et l'
Organisation mondiale de la santé animale (OIE)
pour combattre la résistance aux antimicrobiens, ainsi que des autres initiatives internationales de collaboration dans ce domaine,
Prenant note
que l'
Assemblée mondiale de la Santé
a adopté à sa soixante-septième session une résolution sur la résistance aux antimicrobiens[23],
WHA67.25, samedi 24 mai 2014
dans laquelle il est notamment demandé au Directeur général de l'
OMS
de
renforcer la collaboration tripartite entre la FAO, l'
OIE
et l'
OMS
pour combattre la résistance aux antimicrobiens dans l'esprit de l'approche «Un monde, une santé»,
Accueillant avec satisfaction
l'adoption, par la soixante-huitième Assemblée mondiale de la Santé, du Plan d'action mondial
A68/20; A68/20 Corr.1, jeudi 21 mai 2015
pour combattre la résistance aux antimicrobiens[24], à l'élaboration duquel la FAO a participé, et ayant pris note des rapports et des orientations fournis et reçus par le
Conseil exécutif de l'OMS
à sa cent trente-sixième session,
Consciente
que Plan d'action mondial rend encore plus nécessaire la collaboration entre la FAO, l'
OIE
, l'
OMS
et d'autres organisations intergouvernementales, partenaires et parties prenantes pour combattre la résistance aux antimicrobiens et engage la FAO à agir en faveur de l'application de mesures de prévention de la résistance aux antimicrobiens et de lutte contre celle-ci dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture,
Prenant note
du rapport présenté par le Secrétariat au
Conseil
de la FAO à sa cent cinquante et unième session, qui porte la cote C 2015/28 Rev.1, et des délibérations du Conseil,
Appuyant
fermement les activités que le Secrétariat mène actuellement, en collaboration avec des Membres et d'autres partenaires, pour évaluer la résistance aux antimicrobiens dans les systèmes alimentaires et agricoles, repérer les lacunes de connaissances et formuler à l'intention des Membres des recommandations en vue de combattre efficacement la résistance aux antimicrobiens,
a)
Invite
instamment les Membres:
a)
à renforcer la prise de conscience, l'engagement et la volonté politiques pour garantir la poursuite de l'accès aux médicaments antimicrobiens dans le cadre d'un usage prudent et responsable des antimicrobiens dans le secteur de l'agriculture, comme l'indique le Code d'usages du Codex visant à réduire au minimum et à maîtriser la résistance aux antimicrobiens
OMS – Critically important antimicrobials for human medicine (3e révision) (http://www.who.int/foodsafety/publications/antimicrobials-third/en/).
, notamment s'agissant des médicaments inscrits sur les listes d'antimicrobiens d'importance critique pour la santé vétérinaire et la santé humaine[26] établies par l
'OIE
et l'
OMS
;
Liste OIE des agents antimicrobiens importants en médecine vétérinaire http://www.oie.int/fileadmin/Home/fr/Our_scientific_expertise/docs/pdf/OIE_list_antimicrobials.pdf.
;
b)
à renforcer au niveau national la surveillance de la résistance aux antimicrobiens et de l'emploi d'antimicrobiens dans le secteur de l'agriculture, la réglementation de leur prescription et de leur utilisation et le respect de ces réglementations, en coopération avec l'
OIE
, l'
OMS
et la FAO conformément aux normes de l'OIE et du Codex;
c)
à faciliter les travaux visant à approfondir l'analyse et la mise en commun de données scientifiques à l'échelle internationale, en ce qui concerne l'apparition, la transmission et le contrôle de la résistance aux antimicrobiens dans les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'environnement, notamment dans le cadre du transfert de technologies;
d)
à prendre des mesures pour continuer à mettre au point des systèmes de production alimentaire durable en tenant compte de leurs dimensions sociale, économique et environnementale, afin de réduire les risques d'apparition de maladies, d'éviter le recours inutile aux antimicrobiens, et notamment de bannir progressivement l'emploi d'antimicrobiens comme activateurs de croissance (médicaments antimicrobiens vétérinaires qui appartiennent à des classes d'agents antimicrobiens employés (ou en attente d'autorisation) chez l'humain et l'animal, ou qui sont susceptibles d'entraîner une résistance croisée à ces classes d'agents antimicrobiens, en l'absence d'analyse des risques) et de promouvoir une bonne gestion de l'élevage ainsi que la biosécurité et la prévention des risques biotechnologiques;
e)
à prendre des mesures urgentes aux niveaux régional, national et local pour atténuer les risques présentés par un usage non approprié des antimicrobiens et par la résistance aux antimicrobiens dans les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'environnement;
f)
à mettre en place des plans nationaux, des stratégies et une collaboration internationale, ou à les renforcer, pour surveiller, suivre et endiguer la résistance aux antimicrobiens dans les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'environnement, en coordination étroite avec les plans connexes relatifs à la santé humaine;
g)
à mobiliser des ressources humaines et financières aux niveaux national, régional et international pour mettre en œuvre des plans et des stratégies permettant de renforcer la surveillance et de limiter autant que possible le développement de la résistance aux antimicrobiens et sa transmission dans les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'environnement;
h)
à sensibiliser toutes les parties prenantes concernées
i)
aux risques que la résistance aux antimicrobiens présente pour la santé publique, ainsi qu'aux incidences négatives potentielles sur le secteurs de l'alimentation et de l'agriculture,
ii)
à la nécessité de faire un usage responsable des médicaments antimicrobiens en agriculture et
iii)
aux bonnes pratiques à respecter en matière d'élevage, de production végétale, de santé, de biosécurité et de prévention des risques biotechnologiques, de gestion et d'hygiène;
i)
à aider les pays en développement à mettre en place des programmes et des systèmes de détection, de surveillance et de suivi en ce qui concerne l'emploi d'antimicrobiens et la résistance aux antimicrobiens et à suivre la mise en œuvre des politiques connexes établies pour favoriser la maîtrise progressive des risques de résistance aux antimicrobiens dans les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture et de l'environnement;
j)
à encourager et appuyer la recherche-développement afin de combattre la résistance aux antimicrobiens et de favoriser la mise au point de nouvelles classes d'agents antimicrobiens et de thérapies et de diagnostics de remplacement et à promouvoir l'usage responsable des antimicrobiens dans le secteur de l'agriculture;
k)
à reconnaître l'importance de la mise en place d'une surveillance de l'emploi d'antimicrobiens et de la résistance aux antimicrobiens dans le secteur de l'agriculture; et
l)
à améliorer la mise en commun des informations et à sensibiliser toutes les parties prenantes;
b)
Demande
à l'Organisation:
a)
de favoriser activement, en collaboration avec les partenaires pertinents, notamment en en renforçant les capacités s'il y a lieu, les systèmes de production durables qui tiennent compte des dimensions sociale, économique et environnementale et qui sont de nature à éviter l'apparition de maladies grâce à une gestion et à des pratiques satisfaisantes dans le secteur de l'élevage (d'animaux aquatiques et d'animaux terrestres) ainsi que dans le secteur de la production végétale, étant donné que de tels systèmes sont importants pour combattre la résistance aux antimicrobiens;
b)
de faire en sorte que toutes les parties concernées de l'Organisation, au Siège, à l'échelle des régions et au niveau des pays, contribuent activement et de manière coordonnée à promouvoir les activités visant à combattre la résistance aux antimicrobiens, selon les paramètres fixés dans les objectifs stratégiques de la FAO;
c)
de contribuer à renforcer la collaboration tripartite entre la FAO, l'
OIE
et l'
OMS
visant à combattre la résistance aux antimicrobiens dans l'esprit de l'approche «Un monde, une santé» et optimiser les synergies avec l'OIE dans le domaine de la santé animale;
d)
d'appuyer les efforts déployés pour étudier avec le
Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies
les possibilités de lancer une initiative de haut niveau, notamment une réunion de haut niveau, afin de renforcer la prise de conscience, l'engagement et le rôle moteur en ce qui concerne la résistance aux antimicrobiens;
e)
d'appuyer la mise en œuvre du Plan d'action mondial sur la résistance aux antimicrobiens, qui vise à faire en sorte que tous les pays, en particulier les pays à revenu faible ou intermédiaire, aient les moyens de combattre la résistance aux antimicrobiens, et qui tient compte des plans d'action existants, de toutes les données scientifiques disponibles et des pratiques optimales;
f)
enfin, de tenir les Membres régulièrement informés des activités menées par le Secrétariat dans ce domaine, par l'intermédiaire des rapports présentés au
Comité de l'agriculture
.
(Adoptée le
13 juin 2015
)